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LES ATELIERS DE GRAVURES :
Trouver la lettre d'atelier sur les pieces de monnaie et identifier son atelier.




On définit un atelier monétaire, plus communément appelé Hôtel des Monnaies, tout simplement par le lieu de fabrication. Les batiments où les pièces sont réalisées se situent souvent dans une grande ville .La lettre d'atelier indique donc de quel atelier la monnaie est issue, elle est placée de façon presque constante au revers.
exemples:

lettre d-atelier A paris sur une piece Paris ; lettre d-atelier C castelsarrasin sur une piece castelsarrasin ; lettre d-atelier W lille sur une piece Lille.......



Aujourd'hui la Monnaie de Paris, notre institut d'émission situé à Paris quai Conti, possède depuis 1973 un seul et unique lieu de fabrication (l'usine de Pessac en Gironde), il en était bien autrement auparavant (lire l'article suivant en bas de page)

Attention il faut pas confondre les marques distinctives à chaque atelier et les différents. Il existe deux différents, celui du directeur d'atelier et celui du graveur. C'est en quelques sortes le poinçon marquant leur signature.

Tous les ateliers n'ont pas eu la même production, certains sont plus rares que d'autres. Un même type monétaire en fonction de son origine de fabrication peut avoir plus ou moins d'intérêt et de valeur pour un collectionneur.

A la veille de la révolution de 1789, 17 Hotels de Monnaie sont en fonction.

Des ateliers différents se signalent parfois avec la même lettre.La vigilance est de rigueur ; c'est grâce à la date indiquée sur la monnaie que le collectionneur déterminera son origine.

Exemples de lettre sur certaines pièces....

2 francs 1827 A

les 17 ateliers en 1789

A : Paris
AA : Metz
B : Rouen
BB : Strasbourg
D : Lyon
H : La RochelleI : Limoges
K : Bordeaux
L : Bayonne
M : Toulouse
MA : Marseille
N : Montpellierpetite vache: Pau
Q : Perpignan
R : Orléans
T : Nantes
W : Lille

****************

: Bruxelles (1939)

Madrid (): Flans préparés à Madrid, Berne et Utrecht 1916

Poissy (poissy): POISSY (société française de monnayage) 1922-1924

le mat : Utrecht 1812-1813

Les autres ateliers ayant
existés

A : arras (1640-1658)
B : Beaumont-le Roger (1940 et 1943-1958)
B : Dieppe (1592-1594)
BD : béarn (1675-1704)
C : castelsarrasin (1914 - 1942-1946)
C : Caen(1655-1658, 1693-1712)
C : Saint lô :(1539-1653, 1659-1693)
CA : Francfort ville libre (1618-1636)
CC : Gênes (1805)
CL : Gênes (1811-1814)
D : Vienne (dauphiné) (1655-1658)
E : Melun sur Loire (1655-1658)
E : Tours (1539-1655; 1659-1772)
F : Angers (1539-1738)
G : Genève pour la france (1799-1805)
G : Poitiers (1539-1772)
G : Grenoble (1489-1503)
H-A : La Rochelle (1539-1837)
I : Limoges (1766 - 1837)
L couronné : Lille (1686-1693)
LA : Laon
LL : Lille (1685)
MC : Monaco
O : Clermont Ferand (1592; 1591-1594); 1610-1772)O : Moulin (1549-1555)
O : Riom (1555-1591; 1591-1772)
O : Saint Pourzain (1539-1549)
P : Dijon (1539-1772)
Q : Chalon sur Saone (1539-1700)
R : Avignon
R : Nimes (1655-1658)
R : Villeneuve les Avignon: (1539-1654; 1659-1699)
R avec un lis : Gand pour la France (1815)
S : Reims (1690-1772)
S : Troyes (1539-1679)
S couronné : Troyes (1679-1690)
T : Saint Menehold (1539-1551)
T : Turin pour la France (1540-1549)
R : Rome pour la France R couronné (1812-1814)
R : Londres (1815) pour les 20F or
U : Amiens (1571-1578)
U : Troyes (1690-1772)
U : Turin Italie française (1538-1544; 1792-1814)
V : Troyes (1690-1772)
V : Turin (1539-1540)
X : Amiens (1578-1772)
X : Besançon (1693-1772)
X : Villefranche (1539-1548)
Y : Bourges (1539-1772)
Z : Grenoble (1539-1772)
Z : Saint Pouçain (1529-1531)

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Dans le but de contrôler la production et la mise en circulation des monnaies, les autorités monétaires firent graver des marques afin de distinguer les ateliers quand leur nom n'apparut plus explicitement, quand les mêmes types furent frappés par plusieurs ateliers, d'identifier le responsable de la fabrication, le maître d'atelier essentiellement, ou le graveur, afin aussi de distinguer les différentes émissions d'une même espèce du même type dont les conditions avaient été modifiées par une mutation. Ces systèmes de différents étaient des codes dont le déchiffrement ne nous est guère permis que lorsqu'on dispose de sources écrites qui les explicitent. Au Moyen Âge, le différent est matérialisé par un motif placé dans le type principal, en cantonnement de la croix, en remplacement de la croisette initiale de la légende, en fin de légende, en ponctuation ou séparation des mots de cette légende, ou encore sous telle lettre de la légende, ou par modification de la forme d'une lettre.
Les différents d'ateliers correspondent donc avec la relative uniformisation d'un monnayage par une autorité qui dispose de plusieurs unités de fabrication. Ainsi au XIIIesiècle, temps du denier tournois monnaie unique du roi, des ponctuations diférentes affectent les légendes sans qu'on puisse les interpréter, ni même affirmer qu'il s'agisse uniquement de différents d'ateliers. Même lorsque les symboles distinctifs se multiplient sur le monnayage étoffé de Philippe le Bel, nous n'en avons pas encore la clef de lecture. Au XIVesiècle, il y eut de façon certaine des différents d'ateliers sur les monnaies royales, mais choisis librement par les maîtres plus que par l'administration centrale des monnaies. Quelques différents par symbole ou lettres ont été déchiffrés pour des ateliers de Jean le Bon. Après 1360, l'Aquitaine anglaise distingue ses ateliers par l'initiale du nom de lieu en fin de légende, comme P pour Poitiers. Après la reconquête, Charles V conserve ce système. Ce choix fut aussi utilisé dans le duché de Bretagne.
En 1389, les monnaies royales françaises furent marquées d'un point secret, placé sous une lettre précise de la légende, le point sous cette lettre indiquant l'atelier. Ainsi l'atelier de Paris était représenté par un point sous la 18e lettre de la légende. Par la suite, ce système ne fut pas le seul utilisé pour différencier les ateliers. Dans le royaume divisé de "l'après-Azincourt", le Dauphin Charles donna des lettres en fin de légendes aux ateliers ouverts par lui et les Anglais un symbole à la place de la croisette initiale, couronne, léopard. Dans la seconde phase de son règne (1436-1461), Charles VII a tant d'ateliers, même s'ils ne fonctionnent pas en même temps, que lettres et symboles sont autant utilisés comme différents que les points secrets, les lettres des légendes n'étant pas assez nombreuses. Après la reconquête et malgré la fermeture de nombreux ateliers, ces particularités persistèrent par tradition, par commodité.
En 1540, on décida que les points secrets seraient remplacés par des lettres d'atelier, placées à l'exergue dans le champ. Paris avait ainsi la lettre A. On la plaçait parfois au cœur de la croix du revers, puis elle coupa la légende quand il n'y eut plus de séparation marquée avec le champ. Cependant, des points secrets subsistèrent concurrement aux lettres pour quelques ateliers jusqu'au règne de Louis XIII. Quelques symboles survécurent sous François Ieret Henri II, d'autres réapparurent momentanément à la faveur des désordres liés aux guerres de Religion et d'autres encore apparurent après des annexions, en Béarn, à Besançon, ou bien on doubla la lettre, MM puis AA à Metz, LL à Lille, BB à Strasbourg.
Ce système survécut à la Révolution et perdura jusqu'à ce que Paris reste le seul atelier français (1878).
Les différents de maître d'atelier ou de graveur prirent d'abord les emplacements et les formes les plus variées, se combinant parfois avec le différent d'atelier, puis à partir du XVIesiècle furent généralement placés en fin de légende de revers, avant le millésime quand il y en eut. À partir de la Révolution, généralisant une pratique amorcée au XVIIIesiècle, les marques des directeurs d'ateliers et des graveurs généraux furent gravées à l'exergue des pièces. Depuis 1880, la corne d'abondance symbolisant la Monnaie de Paris remplace la marque de directeur. On reproduisait en outre la signature du graveur ayant créé le type empreint sur la pièce. Ces usages sont encore en vigueur actuellement.
La nouvelle émission d'une monnaie à un titre et un poids différents, décision de l'autorité émettrice, se traduisait dans une marque distinctive choisie par elle. Ce fut d'abord souvent le cantonnement de la croix par un symbole, qu'on pouvait déplacer d'un canton à un autre, puis qu'on multipliait, qu'on remplaçait par un autre ou auquel on ajoutait un autre symbole. Comme une certaine logique présidait au choix de ces différents d'émission, on peut, en l'absence de sources d'archive, essayer de reconstituer l'ordre de la série. Ensuite, d'autres modes se développèrent en plus. On modifia la ponctuation de la légende, une lettre de la légende, la croisette initiale, un élément du type, la marque d'atelier. Cependant ces différents manifestant souvent une altération monétaire devaient être plus discrets que les autres, voire secrets.

 

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